17 arrivée à Istanbul

Départ de Komotini vers 9 h, sous le soleil, mais le ventre creux ; et premier arrêt 10 km plus loin pour renflouer le porte monnaie et remplir l’estomac. Pas de croissants, alors calzone et direction la frontière située à une centaine de km. Nous fêterons nos 3000 km à midi.

La trace du jour

Passage ultra rapide de la frontière grecque et plus compliquée de la turque. Pour autant, rien de bien gênant ; une demie heure au total, guère davantage. Rencontre de deux baroudeuses anglaises, en Dax, chargée comme des mules qui »filent » à 60 vers Istanbul, comme nous. Elles nous doubleront pourtant lors d’un arrêt le long de la voie rapide.

En Dax … depuis l’Angleterre, chapeau les filles

Et voilà la pluie qui nous rattrape, encore et toujours. Pour éviter de ré enfiler les combinaisons, nous décidons d’un arrêt Buffet où nous mangerons local pour 5 €.

Encore au resto !

Et en route vers Istanbul distante de 250 km. Et sur ces 250, une bonne centaine d’une vraie bagarre avec tout ce qui roule, impressionnant. On ne sait pas comment ça passe, devant derrière, à droite, gauche, partout. Parfois à quelques centimètres des rétro des camionnettes qui frisent les casques. Mieux vaut ne pas trop y penser… Istanbul est devenue une mégapole qui fourmille de toute part , encore davantage en heure de pointe

Arrivés au point où nous devions trouver notre logement …pas de logement, arnaque de Airbnb ou mauvaise compréhension ? L’avenir le dira …ou pas.

C’est où ?
Ça devrait être là, bordel !

Et maintenant, on fait quoi ? Ben, on trouve un gourbit … Mais bien sympa, malgré l’odeur que les mots ne peuvent rendre. Seuls souci, monter le chargement des motos au 4eme étage, sans ascenseur et réussir à grimper dans son lit dans une chambre de 8 M2 encombrée de tous ces bagages.

Le gourbit de fortune. Demain,il fera jour.

Bref, l’aventure commence !

Le thé de bienvenue.
Whisky Turc

16 entrée en Grèce

Enfin

Départ matinal, encore sous une pluie battante en direction de la Grèce par une petite route tranquille qui nous a permis de passer la frontière sans attente. L’entree en Grèce est toujours un peu une joie, le retour vers une atmosphère chaleureuse, quelque chose de simple. Même si l’aventure des Balkans est pleine de beaux souvenirs,de rencontres, je ne m’y sens pas vraiment chez moi.

Pour que le plaisir soit entier, la pluie nous a quitté quelques km après la douane. Enfin, nous avons pu quitter notre attirail de pluie et de froid. La vraie question sera pour demain .. où ranger toutes ces fringues ?

Jo nous a trouvé, à son habitude,un super point de chute, un peu perdu dans la nature et, comme nous n’apprennons toujours pas, nous avons du nous rabattre sur un paquet de spaghettis oublié par un précédent locataire et, oh la belle surprise,une boîte de sauce tomate. Sans épices, ce ne fût pas un grand moment de gastronomie. Pas grave, on se referra un estomac demain dans une taverna dont la Grèce est truffée … C’est peut être bien pour cela que j’aime tant ce pays 😅

Tranquille …

Plutôt en avance sur le tableau de marche et après 3 jours sans un rayon de soleil, nous avions décidé ce matin de simplement nous rapprocher de la frontière grecque, soit un petit trip de 150 km. Ça devait être l’occasion de se reposer. Après un départ animé pour traverser Skopje, nous voilà embarqués plein sud, enfin sous le soleil.

Sans doute le meilleur tronçon de la première section

Mais il y a kilomètres et kilo maîtres. Les 30 premiers, sortis d’un gps facétieux, ont été gratinés. Route de 3 m défoncées, ornierees, quand il y avait des routes. Bref, de quoi se préparer pour la suite.

L’entrée en matière n’ayant pas été du goût de tout le monde, les 110 derniers km se sont faits en ordre dispersé. Mais tous se sont retrouvés au goutte à goutte entre 15 et 16 h dans un superbe appartement qui nous abritera pour la nuit à Guevgueliya .. à vos souhaits.

Tchi-tchi découvre les Balkans

Le « plan de bataille » imaginé au debut de l’aventure a été remanié dès la sortie de l’Italie, avec l’espoir qu’une route plus en bord d’adriatique serait plus clémente. Au final, quelqu’eut été le choix, je crois que la dépression nous aurait suivi. Il a donc fallut la traverser. C’est plus simple,même plus la peine de se poser la question, nous optons systématiquement pour les combinaison froid+pluie. Heureusement, nous avions un peu anticiper cette éventualité, en espérant toutefois nous en servir le moins possible. Ça donne l’occasion de tester les solutions … pour l’instant le matériel tient le coup et les bonhommes aussi. L’union fait la force, heureusement.

Le labyrinthe des Balkans

Traverser la Yougoslavie d’antan était d’une simplicité biblique : une frontière au nord, une au sud,une monnaie. Dorénavant, pour qui veut simplement la parcourir pour relier l’Italie à la Grèce, il faut redécouvrir la joie des douanes, des monnaies bizarre (Le brousouf ). On finit par s’y perdre. Certains ont adopté l’euro, beaucoup d’autres ont réinventé des monnaies nationales, au cours très différents les uns des autres. Heureusement le réalisme économique l’emporte quand la CB ne fonctionne pas. En baraguinant un peu l’allemand, l’anglais et le french, sous réserve d’une bonne dose d’humour, tout se fait sans grande difficulté.

La découverte des pays en »an » était déjà une épreuve de géopolitique, les Balkans en sont encore une autre. Tchi-tchi a ainsi franchi 7 pays depuis qu’il est sorti d’Italie, soit 14 postes de douanes …où il faut « sourire au douanier  » malgré le fait qu’on se demande bien à quoi tout celà rime. Lui, il a l’air de savoir. Et au passage, une petite taxe pour une assurance non prévue sur la carte verte, Kosovo ,je crois….

Découverte du réseau routier …et de ses usagers.

Zut, on voit encore la plaque

Le réseau autoroutier est parfait, à l’état quasi neuf. Ce n’est vraiment plus le cas dès que l’on en sort, qui plus est quand on attaque le réseau secondaire. Les pluies abondantes n’ayant sans doute rien arrangé, nous sommes heureux d’avoir fait le choix des trails légers, enfin, quand ils ne sont pas chargés. 😎 À la croisée d’un semi remorque lancé à 80 km/h qui traversait une énorme « flaque d’eau  » face à nous, nous avons simplement franchi une véritable vague d’eau (et de boue au bruit sur le casque). 10 secondes de perte complète de visibilité, une grosse claque en pleine poire … Et un moteur qui se coupe sur le coup, laissant son pilote en pleine interrogation. Pourtant elles sont construites pour celà ces motos, le Tout Terrain ! 😆 Tchi-tchi en apnée …

Les conducteurs ne sont pas agressifs, non. Pour la simple raison que pour eux, on doit pas vraiment exister. Les chauffeurs de poids lourds ne font pas exception. Quand à la circulation en ville (skopje par exemple), ça rappelle bien les départs de courses de solex, mais à armes inégales.

L’accueil dans les gîtes

Bucolique, vous avez dit bucolique ?

Un seul mot, PARFAIT. Nos hôtes ont TOUJOURS été sympathiques, prevenants, particulièrement patients avec cette bande qui débarquait crottes des pieds à la tête dans des maisons nickel, et, ce qui ne gâche rien, à des tarifs étonnants. Le principal regret est déjà celui de la difficulté d’échange du à la langue .

Contre vents et marées

Sarajevo by night

Départ matinal car sans petit déjeuner, tout avait été dévoré la veille en guise de repas. Et en prévision de ce que l’on allait se prendre sur la tête, il n’y avait pas de bagarre pour aller à la douche. Équipés de pieds en cape, nous avons commencé par une dizaine de km de lacets qui nous annonçaient une journée bien longue compte tenu du kilométrage envisagé et de la vitesse prévisible. Quand le panneau « Autoroute » s’est présenté, il n’y a pas longues discussions non plus… Gazzz. Enfin, on aurait pu le croire. La pluie s’est un peu réduite, mais son pote le vent a pris la relève. Secoué l’ami Tchi-tchi … Heureusement bien arime et planqué dans sa bulle, il se moquait bien de son pilote, accroché au guidon. Une petite heure d’arrêt sur une aire d’autoroute à dévorer quelques croissants pour calmer ce bruit d’estomac qui finissait par supplanter celui des moteurs. Et ce fût encore 2 heures à jouer entre les trombes d’eau et les bourrasques parfois surprenantes de violence, réduisant la vitesse max à celle des autocars. Après 200 km de ce jeu de débiles, nous retrouvons la route qui va nous mener de Split à Sarajevo, via Mostar. Mais, la stupidité des hommes fait que pour traverser cette zone, on passe de Croatie en Bosnie-Herzégovine, et donc par une nouvelle douane. Un fonctionnaire qui s’emmerde peut être redoutable … Présentation des passeports, cartes grises, vertes quand on est déguisés de 3 couches pour se protéger du froid et de la pluie, c’est un vrai plaisir, surtout qu’il va falloir tout remettre quelques minutes plus tard. Et là …. Mais bordel, elle est où cette carte grise JY ? Un bon coup de chaud pendant pas loin de 10 mn à tout retourner dans les bagages, et enfin réapparition du précieux document. Ouf …il en sera pour une bière aux copains. Un arrêt sympathique quelques km plus loin, dans un petit buibui de bord de route ; encore un kg d’agneau que les boches n’auront pas. Ruineux : boissons, salade, agneau à profusion café pour 7,5 €.

Grillé !

Il fallait bien cela pour nous remettre en forme pour finir les derniers 200 km, traverser Mostar, où nous n’aurons même pas le courage de descendre de moto pour aller visiter son fameux pont, puis filer vers Sarajevo trouver notre gîte du soir.

Boulangerie . Manger !

Repas tiré de la boulangerie d’en bas, discussion sur la suite de l’itinéraire, recherche d’un point de chute … Et dodo ! J’espère que Tchi-tchi ne va pas ronfler !

Tchi-tchi en croisière

Celle là, on ne l’attendait pas

Week-end … Pas réglés les téléphones ! Donc réveil tardif et décollage à l’arrache, pas de gros petit déjeuner comme on aime. Du coup une belle route attaquée assez tôt à travers une chouette nature qui après Trieste nous a fait traverser la Slovénie pendant une heure pour ensuite arriver en Croatie. Le temps étant de la partie, les combinaisons sont restées sur les sacs, et les caleçons à l’abri. La route de bord de Mer a été une vraie splendeur, tant sur le thème du paysage que du plaisir de conduite, enfin ! Le point de chute, décidé hier, se trouve en dessous de Zadar, dans une chouette maison, un peu étroite tout de même pour nous 4. Une petite zone d’enduro a agrémenté les derniers mètres pour ranger les motos à l’abri. Accueil très sympathique, petits gâteaux offerts pour demain matin … Heureusement, car tout étant fermé ce samedi soir, le repas a été remplacé par un coup de sifflet bref et le gâteau .. ben, il n’y en aura pas demain matin 🤣 Pour y parvenir, nous avons opté pour un passage en bac entre le continent et la presqu’île où nous nous sommes posés. Tchi-tchi a ainsi affronté son premier passage en mer. Visiblement, il a bien supporté. Demain, la météo foire clairement, et les combinaisons vont forcément être de la partie.

Gravillons redoutables

Tchi-tchi en Italie.

Rectification sur le patronyme : c’est Tchi-tchi et pas chi-chi ! Donc, il est bien en Italie depuis jeudi midi. Ce vendredi, il s’est baladé entre Pavie et Udine. Moitié d’autoroute italienne où ce fût la guerre ou pas loin avec un trafic d’enfer, des camions débiles et où l’on ne s’est vraiment pas fait plaisir. Et puis des axes trop importants, où le trafic est le même mais où l’on avance à 70 quand tout va bien. Le programme n’était pas trop chargé avec 450 km et l’équipage s’est posé vers 17 h à quelques km d’Udine dans un guest house qu’avait déniché Joël. Tranquille, rustique, mais immense et bien sympa. Les bécanes sont bien à l’abri, les gaillards bien installés et Tchi-tchi en pleine forme. La météo a été quasi idéale et devrait logiquement être encore correcte demain. Lundi par contre ouvre une semaine qui s’annonce difficile. Difficile au point que l’itinéraire initial par Zagreb, Belgrade et Skopje risque de s’en sentir perturbé. Mais l’alternative par la côte est une belle solution qui pourrait être moins « humide ». Et Oui, on a rangé les combinaisons de pluie et personne ne rêve de les remettre. Et Tchi-tchi n’en a pas !

Étape du jour .. tranquille ou presque

Les aventures de chi-chi.

Chi-chi en pension sur la XT

Chi-chi ? C’est notre masquotte, offerte par Laurence le matin du départ de Metz. Il a d’abord fait 500 km dans une sacoche de réservoir mais depuis Bourgoin, il a trouvé refuge derrière la bulle de la XT de Jean-Yves. Depuis, il assiste avec horreur à toutes les infractions de son pilote. A chaque arrêt, nous prenons de ses nouvelles, mais il reste souvent muet, et l’on peut lire l’angoisse dans ses yeux. A un tel point que l’on a décidé qu’il changerait de temps en temps de moto, histoire de lui donner une chance de survie.

Aujourd’hui, il en a un peu bavé. Au point de devoir lui passer la combinaison de pluie et même les gants chauffants. Il a un peu serré les fesses dans les courbes sur autoroute, de la faute des pneus à crampons et des joints de raccordement bien pourris rencontrés. Après, il s’est fait gazer dans le tunnel du Mont Cenis, lui qui rêvait de grand air. Pas de chance, la neige bloquait les cols alpins. Son après midi a été plus sympa côté soleil. Il a même viré sa combinaison ! Sur la route,il s’est payé un bon roupillon sur 200 km peu animés,si ce n’est par quelques conducteurs locaux pour qui les distances de sécurité ne doivent pas se calculer selon les mêmes règles cinématiques qu’ailleurs. Mais son pilote sait faire dans ce genre de situation, et il est bien arrivé à destination chez Héléna, dans un petit bled perdu du côté de Pavie. Là, après avoir participé au graissage des chaînes avec étonnement, il est parti se reposer.

Sortis du tunnel !
Départ de Bourgoin.

Vivement demain matin, la charcuterie italienne au petit déjeuner ! Ça sent la grande aventure 😀

8 Mai

On pouvait déjà s’en douter hier soir mais la réalité de la météo de ce matin l’a rapidement confirmé : le mauvais temps nous avait rattrapé. Pluie, vent, rien de bien marrant à l’horizon. Pas mal de détails restants à mettre au point en terme d’organisation des chargements, de la répartition des matériels mutualisés, et l’accueil de Patricia étant toujours aussi sympa, nous avons opté pour une journée d’organisation. Juste pour ne pas avouer que personne ne se sentait vraiment d’attaque pour aller affronter la traversée des Alpes sous un temps de cochon. Bref, si nous n’avons pas trop bougé du garage, la journée a été bien utile à tous et nous permettra sans doute de mieux profiter du paysage jeudi. Réveil programmé … tôt !

Jour J.

6 h, les yeux grands ouverts bien plus tôt que nécessaire car le rdv avec Jean-Yves n’est qu’à 9 h, il ne me reste qu’à attendre. Une douche rapide, un café avec le fils qui file au boulot, et dès 7 h me voilà déjà tout équipé, quasiment prêt à prendre la route. Les angoisses de la veille ont disparu, enfin. A 8 h 15, décollage vers l’atelier où je pense être le premier arrivé … Erreur ! Jean Yves y est déjà et autour de lui plein d’amis que je n’imaginais jamais retrouver là, à cette heure, par ce temps. Certains sont venus de si loin, je suis impressionné. Bonheur. Le temps de trouver une place pour chaque petite chose oubliée, du genre mes pompes et mon jean’s, la moto est chargee mais VRAIMENT pas optimisée, ce sera pour ce soir, à l’arrivée.

Mais qui a prévenu la presse ? Étonnant et sympathique mais pas facile d’être partout a la fois, j’aurai préféré avoir plus de temps pour les amis. Les adieux sont un peu difficiles, j’ai horreur de ces moments là. Quelques fidèles nous accompagnent sur une vingtaine de kilomètres, se détachent progressivement après de grands signes d’amitié, et nous voilà seul … sentiments étranges.

Le temps est correct, il fait frais, mais nous avions prévu pire. Les kilomètres s’enchaînent sur l’autoroute puis la N57, faciles, au point d’être lassants. Mais il faut effectivement ne pas trainer si nous voulons ne pas arriver trop tard à notre premier « bivouac » chez Mickey et Patricia. A 11 h 30, Vesoul, déjà 200 km et il est temps de ravitailler les Monos dont on ne connait pas encore les consommations en charge. Bilan 5 l/100, nickel ! Côté confort de conduite, on a fait mieux. Les pneus à crampons sont délicats à gérer déjà sur le sec, on imagine assez mal ce que ça donnera sous la pluie annoncée. Arrivés plus tôt que prévu à 17 h. Et superbe soirée avec une nouvelle bande de copains, merci Patricia et Michel.

On fait le point sur la route du lendemain, mais c’est la météo qui est la plus critique. Pluie forte annoncée sur 100 % du trajet prévu. Et zut, il est 1h30 quand on éteint la lumière : demain, il fera jour.