Nous nous réveillons à 8 h, en ayant du coup loupé le petit déjeuner, et en ouvrant les yeux, par le hublot, nous constatons que RIEN n’a bougé, juste un bateau ravitailleur sur notre tribord. Bon, on est bel et bien encore au port.

Et puis, vers 10 h, la fumée devient plus épaisse, et on sort du chenal. La vitesse de croisière se stabilise à 20 km/h, et il ne reste qu’à attendre. Chacun y va de son pronostic, quand arriveront nous ?
11 h 30 sonne le temps du repas. La cuisine est bonne, et même si les plats ne sont pas de la cuisine gastronomique, pour un rafiot, elle est parfaite.

Mais rapidement, le restant de fatigue nous pousse vers la sieste ou le farniente. Nous ne nous bougerons que pour retourner manger, tout aussi correctement. La mer est parfaite, sans aucune vague, seule la pollution énorme sortant des cheminées trouble la quiétude de l’instant.


La nuit est douce, paisible. Nos voisins, pour l’essentiel des routiers, sont conviviaux, n’hésitant pas à partager leur bonne humeur, et un petit verre de vodka qui a échappé aux contrôles de douane. Nous rencontrons des voyageurs qui forcent le respect. Cyclistes anglais, ils rallient Londres à Tokyo, un autre, partant également de Londres, a pour objectif la Chine. Des instants de partage très sympas, chacun y mettant du sien pour échanger ses infos.
Et la nuit reprend sa place, demain nous devrions voir la côte vers 10 h.
Et, dans les temps prévus, après un petit déjeuner que cette fois nous ne louperons pas, elle apparaît, nous sommes heureux !

L’appontage se fait en douceur, lentement, dans un port flambant neuf.



Nous sommes dans les temps, en sortant de ce bateau, nous devrions pouvoir bien avancer dans la journée.
Tout celà était sans compter sans l’ensemble des démarches propres à l’entrée dans ce pays, pas très ouvert. Police, douane, taxes, recontroles, assurance… nous ne sortons du port qu’à 16 h.

Les solutions d’hébergement n’étant pas foule dans le coin,nous filons sur Aktau, 90 km plus au nord. La route est parfaite sur le plan de la qualité de roulage, mais terriblement chaude malgré l’heure déjà bien avancée. Le paysage ? quel paysage ? Une ligne droite, sans fin,donne déjà la dimension de ce que sera la suite… le néant. Et, la bavaroise refait des siennes, les 35 ° n’y étant sans doute pas étrangers. Il va vraiment falloir trouver une vraie solution, sinon la suite va être très difficile.
L’arrivée sur Aktau n’est guère plus réjouissante. La ville industrielle sent encore bien l’époque soviétique, des bâtiments sans âme, moches au possible, une ville sans aucun caractère à ce que nous en percevons. Un coup de chance, nous trouvons un point de chute particulièrement propre et moderne. L’accueil est sympathique, mais la barrière de la langue complique tout. Les visages ont changé, nous mesurons un vrai changement, nous sommes vraiment en Asie cette fois.

Nous nous retrouvons au 5eme d’un immeuble tenu par deux femmes qui gèrent parfaitement leur affaire. Ce sont deux véritables petits studios tout équipés que nous louerons 25 euros l’ensemble, soit 6€ par personne la nuit. Un petit tour dans la proximité pour faire quelques courses nous démontre que nous sommes riches ici ! Il faut simplement décoder cette ville ou tout existe mais tout aussi se cache derrière des façades peu lisibles. Un point d’argent, un peu de change, on va manger au resto ! Et là, compte tenu de la langue, c’est le hasard qui fait le repas. Mais, superbe cuisine ! Et ici, il y a de la patate ! Un repas : max 2 €.
