2 et 3 juillet : Altay – Tosontsengel

2 juillet

Afin de retrouver des paysages à la hauteur de notre rêve Mongole, nous avions décidé de quitter la route du Sud qui finissait par ne plus rien proposer de très extraordinaire. L’idée était de remonter d’un cran vers le Nord pour retrouver du relief. La bavaroise de Mickey faisant des siennes plus que de coutume et la Yam de Jo ne supportant pas trop bien l’altitude, nous avons scindé le groupe en deux. Mick et Jo filent sur OULAN BATOR par la route du Sud, Jean-Yves, Patrick et ma pomme remontent au Nord rejoindre une autre traverse Ouest-Est. Nous nous retrouverons d’ici une semaine, le temps de faire les 1200 km qui nous séparent d’Oulan Bator (UB).Les 2 itinéraires comportent des secteurs de route non enrobée, mais il est impossible de savoir sur quelle distance et dans quel état sont ces pistes.Celle que j’ai parcourue avec Patrick, et en finale avec JY sont sincèrement les pires que j’ai pu faire depuis que je roule, en 4×4 ou en moto. Je connaissais la tôle ondulée, la piste d’enrobe ondulé (invention du Kazakhstan), là j’ai découvert le plaisir de la tôle ondulée ensablée, pleine de trou, un délice.Le vent rempli de sable les ondes, qui disparaissent à la vue, le sable s’y amasse, sur une petite dizaine de cm, donnant un aspect très roulant à la piste. Erreur ! La route avant de la moto se ralentit par le sable, tandis que l’arrière, motrice, et plus chargée, s’enfonce, trouve un sol dur (ondulé), un nid d’autruche surgit et le cirque commence … Remettre du gaz pour soulager l’avant permet de s’en sortir généralement, sauf quand ca va trop vite et qu’on commence à avoir peur de la gaufre… J’ai crû sincèrement me vautrer 100 fois, j’ai récupéré le coup, je ne sais trop comment, 98 fois, et donc, je me suis vautré 2 fois 😆 Enfin, peut-être que j’ai crû me vautrer 200 fois, et que finalement je ne me suis retrouvé à l’horizontal que 2 fois. Je ne sais plus tout ce qui se passait dans ma tête, la trouille sûrement, mais, si j’étais vraiment hyper concentré, j’étais surtout bêtement hyper contracté, les bras raides, tous les muscles tendus, prêts pour la gaufre. Tout l’inverse de ce qu’il faut. Résultat, une énorme fatigue, des crampes, et des muscles HS.

Heureusement Patrick roulait avec moi et pu m’aider à dégager la moto qui me coincait le pied sous la sacoche (souple, Yes !) . J’étais bêtement dans l’impossibilité de sortir de la moto, un peu comme la tortue sur son dos qui s’agite et n’arrive a rien. Tout ça dans sable, ça ne fait pas mal, heureusement. Peut-être plus honte que mal car Patrick et sa Sportive de 160 cv est le seul à ne pas s’être mis à l’horizontal …Bref, ce fût sportif, passionnant car la navigation n’a pas été toujours évidente, riche d’émotion, de solidarité et d’amitié, une BELLE journée de moto. Seul bémol, la concentration était tellement nécessaire que nous n’avons réellement profité des paysages qu’en nous arrêtant. Si les photos peuvent rendre une idée des paysages, il reste à inventer une solution pour rendre les parfums d’une vallée couverte de fleurs.A l’étape prévue, le petit déjeuner ayant été zappé au matin et le besoin de se recharger un peu en énergie nous avons fait étape en ville pour trouver à manger et à boire pour le bivouac, JY restant en ville dans un hôtel pourri dont regorge le pays.Trouver le bivouac à la fin de journée est parfois délicat. En Mongolie, il suffit de sortir de la principale puis de trialiser 2 km pour trouver des places extraordinaires. 10 km après la ville, un chemin qui grimpe sèchement, nous avons trouvé un 3 étoiles.

Une petite visite de courtoisie d’un troupeau de chevaux avant de fermer les yeux, une petite vodka, et la nuit fût douce.

3 juillet

En bivouac, on se lève avec le soleil. Le temps de démonter et charger, nous étions sur roue à 6 h, soit minuit en France maintenant. La piste défoncée qui nous attendait nous a vite réveillés. Plus fréquentées que la précédente, elle nous a valu quelques frayeurs lors des dépassements de 4×4 qui, eux, craignent moins les pièges que nous.

150 km plus loin, soit 5 h, nous trouvons enfin un groupe de 3 maisons dont une est un petit, tout petit relai de route. Patrick et moi y passerons une bonne heure à nous retaper en mangeant un plat bizarre composé de pâtes, pdterre, languette de mouton, arrosé de café au lait et coca. Comme petit déjeuner, on ne fait pas mieux.

Et enfin, la piste se transforme en route. On retrouve la 3 puis la 4 et enfin la 5. 90 mn plus tard et 100 km plus loin, nous nous posons à Tosontsengel dans un hôtel simple, mais accueillant.

1 juillet Darvi-Altai

Levés à « point d’heure » … Nous avions décidé un départ à 6 h 30, pour éviter les soucis de température et se donner les meilleures chances de passer l’étape difficile que nous décrivaient tous les guides et autres systèmes de navigation. Donc le réveil était calé à 5 h 45. Ajouter à ça un souci de méridien pas toujours partagé, et vous vous retrouvez debout à 4 h 45.

Bref, nous avons attaqué la journée le mord aux dents et prêts à affronter les pires moments de route à 1h38 du matin pour vous. Au bout d’une heure, surprise, l’enrobe est toujours parfait. « C’est toujours ça de pris » . Et, étonnant, il fait même frais au point de relever le col.

Par contre, le paysage n’a rien de rare. Alors, on chante sous le casque, le compte tour bloqué sur 4500 et les yeux qui cherchent quelque chose à voir. Il n’y en eu pas tant que ça… Troupeaux de chameaux, de chèvres, de chevaux, plus rares, un peu de verdure parfois, pour lesquels tous ne s’arrêtent plus forcément tellement ils font partie du quotidien. Mais cette immensité est un vrai spectacle en elle même.

Sacrés chameaux !

Au bout de 2 h 30 de route, toujours l’asphalte… Nous devrions être sur de la tôle ondulée.. « C’est toujours ça de pris… »

Tiens… la route s’arrête..

Une erreur dans le calcul du tablier ?

Enfin, un peu d’amusement, il faut franchir le gué, mais là encore, facile, juste de quoi se rafraîchir les pneus. La route reprend à la sortie de ce point dur.

Les 50 derniers km qui nous mènent à Altai sont plus sympas. La route prend de l’altitude, nous nous rapprochons des montagnes, quelques virages pour se réveiller et le décors reprend sa place.

La montagne revient, enfin

Altai, 15800 hbts, 2150 m. Une ville d’ici où l’on trouve quasiment tout en fouillant un peu. Et au détour, un hôtel qui vous tend les bras.

Nous sommes en avance sur l’horaire prévu, nous pourrions monter au nord, chercher un bivouac sans moustique … mais pas de douche depuis 2 jours, pas mangé grand chose non plus … La tentation est trop forte. STOP. Bivouac ? Non demain. 😆

Une salle de bain … mais pas encore d’eau chaude pour l’instant.
Un matelas, je te dis un matelas

30 juin Khovd – Darvi

Le bivouac ayant été animé par nos amis les moustiques, qui m’ont littéralement bouffé à travers les fringues, la nuit a été folklorique. mais malgré tout réparatrice.

Pas de chance, il a fait très chaud dès le petit matin, occultant de brume le paysage. Ce bivouac ne laissera pas un souvenir impérissable à tous, je pense que Jean Yves ne sera pas du prochain. Dommage pour lui car je pense que, dans ce cadre, dormir en pleine nature est au cœur même de l’aventure Mongole. Qui plus est, les hôtels de l’intérieur du pays semblent particulièrement pourris. Bon d’accord les moustiques et le rangement du matériel au petit matin ne sont pas le plus intéressant…

La route entre ces deux points a été facile, enrobé parfait. Par contre le paysage n’a pas été aussi superbe que lors des premières étapes. En effet, la vallée s’est énormément élargie et nous longeons les abords du désert de goby qui se situe à notre bord sud. Il n’est pas visible depuis notre tracé, par contre, ses efforts thermiques sont bien là. Donc … La bavaroise fait des siennes et, si nous avons atteint l’étape définie au départ de ce matin, il n’était pas question d’aller plus loin aujourd’hui. Nous sommes donc arrêtés depuis midi 30 et demi. Nous sommes à Darvy, bled sans aucun charme, sur ce qui s’appelle la route du Sud. Les températures risquant de s’affirmer au delà des 30 ° dans les jours qui viennent sur cet axe, nous changeons notre itinéraire vers Oulan Bator en remontant vers le Nord.

Pour regagner la « route du milieu », nous devrons parcourir 300 km supplémentaires, sur pistes, mais nous devrions y gagner en température et en qualité des paysages. Par contre, au moins 3 jours nous serons nécessaires pour la rejoindre depuis notre point de chute d’aujourd’hui. Les mécaniques et les bonhommes commencent à en avoir leur dose et il va falloir faire une pause.

Hôtel ou bivouac ?

Je laisse les images parler …

Hier, moustiques, bivouac, paysages superbes
L’hôtel de ce jour
« La suite »
Les sanitaires
Le lavabo … sans eau
Électricité !

29 juin Olgii – Khovd

Mauvaise nuit … à croire que le repos ne nous vaut rien. Tous étaient debouts bien avant l’heure et nous sommes partis à la fraîche. Ma montre moto est toujours calée sur l’heure France et il était 3 h 45 pour vous.Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre du côté de l’état des routes, pistes ou enrobé. Les 60 premiers km de sont fait dans un confort total et le spectacle a commencé. Nous avons fait d’innombrables poses photos et il fallait vraiment se forcer pour avancer. Sur cette route, un motard arrêté en bord de route, en 600 xt. Dans cette immensité, ce n’était qu’un point sur l’horizon. Bien sûr, on s’arrête pour prendre de ses nouvelles. C’est un énorme gaillard, les mains battoirs, noires de cambouis, qui m’interroge sur la réparation qu’il vient de réaliser sur sa transmission. Pour moi, compte tenu de la situation, ça doit pouvoir aller, dailleurs quoi faire d’autres ? Il est inquiet et nous demande s’il peut faire un bout de chemin avec nous. Jean Yves et moi acceptons de l’encadrer, les copains partants devant. Au bout de 100 m, nous constatons que son pneu arrière est quasiment à plat. Séance de regonflage interminable … et ca repart. Le gaillard, forestier de son état, allemand d’origine, parlant français, anglais, roulant sur une moto immatriculée en Mongolie, est parti d’oulan bator direction le kirziguistan, il y a quelques jours, et s’est fait rejeté à la frontière russe pour une raison qui restera obscure.Nous faisons Jean Yves et moi route avec lui, et assez rapidement il ouvre la route, tranquillement sur route, puis pas beaucoup moins vite lorsque nous abordons la piste. Il est clair que son physique et son habitude de ces « routes » lui donnent une confiance que nous n’avons pas encore vraiment sur ce terrain. Les copains sont sans doute devant nous et nous le suivons tous les deux avec confiance. Ses choix de pistes sont redoutables …. J’arrive avec du mal à le suivre. Certains passages sont à la limite de ce que je sais faire, lui, avec ses grandes pattes s’en sort en force. Je suis obligé de trialiser, Jean Yves parfois obligé de contourner avec talent pour trouver une solution de passage.

Et arrive le franchissement d’un gué, impresionnant. Le gaillard passe comme une fleur, les pieds dans l’eau, à grand coups de pieds pour le franchir。Il est passé ? Je le fais, non sans serrer les fesses, et en y mettant tout ce que je me souviens des conseils de mon copain, Christian Gaudioso. « Le regard, rien que le regard, fixe la sortie et en douceur, sans hésiter, vas y ». Jean Yves aura plus de difficultés, car il faut vraiment s’accrocher sur la bécane. Voyant ça, le gaillard, n’hésitant pas, retourne sur ses pas et enfourchant la Yam de JeanYves, la passe sur l’autre rive. Bravo l’artiste ! Je ne sais pas si j’aurai pu le faire.

S’en suivent je ne sais combien de km à travers le paysage, en hors piste parfois, à travers le « gazon » local. Et, surprise après une bonne demie heure de piste sérieuse, nous retrouvons Patrick et sa 1000 BMW sportive, déplacée dans cette section tout terrain, qui nous attend, souriant… Encore un bon, très bon, dans cette aventure hors du commun

Nous retrouvons la route et filons en 2 heures sur Khovd où nous irons nous faire plaisir au restaurant surprenant et où nous irons faire nos courses pour le bivouac tant attendu.

Ce sera facile de trouver un point, ou presque , merci Jo et Mick. Hélas, les moustiques voraces au possible, nous gacheront la fête du paysage.A cette heure, ils ne sont pas encore calmés … je renonce, et je file me planquer.

28 juin Olgii

Un jour de pause, ca fait du bien ! Les conditions sont parfaites. Notre point de chute nous permet de bien manger, boire, et dormir. Ce matin, chasse aux sous, pas simple mais on a fini par y arriver. Cette après midi a été consacrée à la programmation du trip en Mongolie, pas évident non plus de dégager le possible de l’idéal. Le minimum pour rejoindre oulan bator est de 1700 km, dont une bonne moitié se fera sur des pistes dont nous ne connaissons pas l’état réel. L’hiver a été rude et elles peuvent être très détériorées. La discussion a été constructive, les premières étapes sont au point. Après… On fera avec !

Le petit tour dans la ville de ce matin a été dépaysant. Le comportement des Mongols est assez étonnant, pas vraiment aimables les gaillards. C’était la ville, attendons l’intérieur pour conclure.

Les bécanes locales
La musique est universelle
Assainissement mongole
Traitement des ordures ménagères
Des pâtes de riz …

25 juin Biisk – Topuchaya

Un petit peu d’attention svp !

La marche mongole continue au départ de Biisk par une route Russe, c’est à dire facile, parfaite mais bizarre, les virages non relevés. Mais on y avance bien. Les mécaniques commencent à fatiguer et méritent qu’on s’en occupe plus intensément d’où un départ plus tardif qu’habituellement.

Les 100 premiers km de passent tranquillement, sous le soleil. Mais, progressivement nous prenons de l’altitude et la pluie menace. Le temps d’enfiler les combinaisons, puis les doublures, puis les pulls, la météo de déchaîne. D’une pluie fine, nous glissons vers une vraie branlée, avec une pluie glaciale. Nous traversons les nuages, à moins que ce ne soit l’inverse et nous continuons de monter en pente douce, au travers d’un paysage superbe pour ce que nous pouvons en saisir. Au bout de 200 km, gelés, trempés, Jo et moi qui fermont la marche à ce moment, décidons d’aller nous réchauffer quelques instants dans un café perdu en pleine grimpette.

Les copains comprennent vite pourquoi nous ne suivons plus et reviennent sur leurs pas nous rejoindre. Le café attendu se transforme en soupe chaude, bienvenue, complétée d’un poulet purée, et d’une crêpe bien sympathique.

Les nuages se retirent des hauteurs, la pluie redouble, et nous découvrons … la neige sur les sapins sur la colline voisine. Il nous reste seulement 60 km à parcourir pour atteindre notre objectif du jour mais le café faisant aussi … hôtel 🤣 nous décidons de rester sur place.

Neige à 1300 m …

Après quelques tentatives d’arnaque de la part du taulier (au regard d’un tueur d’ours et à l’intelligence bien moins développé que ses victimes), nous finissons dans 2 chambres voisines avec notre nouveau compagnon de fortune, Patrick le Stéphanois.

Les roubles commençant à se faire rares, nous ferons un repas léger (j’ai les crocs ! ), et nous filons au pieu .

Un chat aussi trempé que nous sur le palier.

24 juin Shipunovo – Biisk

Russie acte 2

Ça faisait longtemps que nous avions rangé les combinaisons de pluie, mais ce matin elles s’imposaient. Comme nous préférons les routes peu fréquentées, nous avons quitté le réseau principal (trop facile) après 50 km pour tenter un raccourci qui semblait intéressant. Il le fût par la tranquillité du trafic rencontré, un peu moins par le confort de roulage. Si la majorité des routes était correcte, nous avons tout de même eu notre petite dose de piste, graviers et terre. Ce sont ces dernières qui, avec le risque de pluie, nous ont fait revenir sur le réseau principal. La piste en terre, quand c’est mouillé, ca peut effectivement vite tourner à la galère, et ce n’est pas encore le moment. Nous gardons ça pour la Mongolie qui approche maintenant à grands pas.La nouvelle du jour : ma petite vieille a décidé de ne plus vieillir, le câble de compteur s’est cassé. Donc, sur ce voyage, elle restera à 62628 km.En fait, pour ne plus vieillir, il suffit de péter un câble. 😆 voilà la recette.

23 juin : Semey – Shipunovo Russie

Un peu de mou dans la corde à noeuds au niveau du service du petit déjeuner nous valu de partir vers 8 h 30, soit tard pour nous, de Semey, direction la frontière Russe. 113 km plus tard, nous l’atteignons vers 10 h. La sortie du Kazakhstan se fait à la vitesse V et nous nous retrouvons à patienter pendant plus de 2 heures devant un feu rouge qui régule l’entrée de la douane Russe. Dès son passage au vert, c’est la ruée vers l’or et nous arrivons rapidement aux contrôles de police et de douane. Ce ne fût réellement qu’une simple formalité, même si nous craignions un peu les questions sur le pourquoi de nos visas « affaires ».Nous perdons un peu de temps pour souscrire une assurance (28 € pour 2 mois) puis nous partons plein Nord chercher un peu de cash local et un plein d’essence. Ce fût Vite fait, bien fait grâce à un guidage à la Mick dont la moto apprécie le temps pluvieux et froid. La météo n’est pas favorable dès le début de la journée, après le violent orage de la nuit précédente. Dans notre avancée vers le Nord (300 km dans la journée), elle se compliqua encore, avec un vent violent, d’énormes nuages et un peu de pluie bien froide. A un moment de l’après-midi, le thermomètre descendit à 8 °, alors que la veille il fleurtait avec les 30 °. Bonne nouvelle, les routes Russes sont des vrais billards et les 1200 km qui nous séparent de la Mongolie devraient se dérouler sans trop de soucis. Seconde bonne nouvelle, les vertèbres apprécient ce traitement de faveur et tout devrait se remettre au beau fixe rapidement. Troisième bonne nouvelle, on trouve des hôtels de qualité en Russie, a des prix sympa, on y mange, on y boit bien, et les gens rencontrés sont charmants (es).Nos motos ont toujours la côte côté photos.Une autre nouvelle, nous sommes désormais à + 5 h de la France. Il est donc l’heure pour moi de filer entre les draps à l’hôtel trouvé avec un peu de chance au bord de la route qui devenait éprouvante vers la fin d’après-midi.

21 et 22 juin

Le 21 a été consacré à une pause vertébrale, intéressante pour tous, et nécessaire pour Jo qui s’était fait mal … en chargeant sa moto au matin. Pas de chance, ce n’était pas au meilleur endroit que nous nous sommes posés mais dans un hôtel de fortune à Ayagouz, ville peu intéressante en elle même.

Bref, ce n’est qu’aujourd’hui samedi que nous avons repris notre remonté vers le Nord et la frontière Russe.Dès le départ, les GPS nous ont mis sur la mauvaise route, ce qui nous a valu d’utiliser l’ancien tracé vers Semey. Un tout petit détour nous aurait permis de retrouver une route en bon état, et cette erreur nous a valu une nouvelle séance de TT, mal venue pour Jo. Mais une fois partis, il était quasi impossible de revenir sur le bon tracé. A toute chose des avantages, nous avons utilisé un itinéraire sur lequel nous n’avons rencontré que très peu de circulation. Heureusement, car nous avons dû utiliser autant les bords droits que gauche de la chaussée pour pouvoir optimiser notre avancée. Second avantage, les paysages ont été superbes, à nouveau immenses et vierges. Parfois plus de 100 km séparaient les villages, offrant une dimension sans égal. Dans ces espaces, la Nature est totalement vierge, les seuls sons audibles n’étant que ceux du chant des oiseaux, une fois les moteurs coupés. Mais, presque à chaque arrêt, les véhicules qui nous croisent s’arrêtent, leurs passagers voulant absolument poser avec nous pour une photo souvenir.Et ce matin, instant magiqueà après un arrêt le long d’un des nombreux marais présents sur ce plateau de 650 m d’altitude, j’ai tiré une bourre avec un oiseau costaud sur plus de 5 km. Il passait d’une rive à l’autre de la « chaussée », à la vitesse que je pouvais atteindre sur cette route défoncée, soit un bon 50 km/h, se jouant de mon incapacité à aller plus vite que lui. Jean Yves qui a eût la même expérience que moi décalés à quelques temps de moi m’assure que c’était une ouette d’Égypte qui décidément a décidé d’émigrer loin de ses bases.200 km infernaux où les mécaniques et les bonhommes ont à nouveau souffert, heureusement rachetés par une finale plus confortable pour atterrir à Semey, 115 km au sud de la frontière russe.Demain, nous filons vers la frontière, levé programmé à 6 h. Dodo, mon dos.

20 juin : Kabanbaj – Ayagoz

Partir de notre étape précédente n’a pas été chose facile tellement l’accueil y fût mémorable. Mais les dates de visas courent, les routes sont pourries et nous ne savons pas de quoi demain sera fait, alors on avance. A 6 h 30 les motos sont chargées, le petit déjeuné remplacé par un coup de sifflet bref, et on se lance dans une journée qui devrait compter dans la vie d’une moto.

Le GPS avait annoncé du « very bad « , nous eumes du very bad, very, very.

Souvent nous marquons une pause syndicale tous les 100 km. Là, 100 km, il faut se les taper. Après négociation avec la CGT locale, nous avons obtenu une pause toute les heures.

A la première, nous avions parcouru 48 km, pas mal pour des mobylettes… 300 km au programme du jour mais surtout 700 pour rejoindre la Russie, « on va tous mourir ».

De very bad, la piste, euh non, la route nationale, a lentement évolué par tronçon vers du bad, pour parfois devenir acceptable, ou peut être aurions nous baissé notre niveau d’exigence ? Au regard de l’état des motos à l’arrivée et du nombre de fois où Mickey s’est arrêté pour resserrer les morceaux de la bavaroise qui voulaient divorcer, je crois que nous avons changé notre échelle de valeur, ce n’est pas les rayons cassés de ma moto qui diront le contraire, ni la tâche retrouvée sous la bavaroise d’ailleurs.

Passés 300 km, nous avons décidé de faire un arrêt à Ayagoz, une des villes les plus importantes situées sur cet axe. Au moins nous y trouverons un hôtel correct et un peu de wifi pour échanger. J’ai les crocs !