



C’est le boyau en vrac que je charge la moto. Mais s’il y a un médoc efficace dans la chimie pharmacienne, c’est bien l’imodium. Je propose d’ailleurs que l’on décerne le prix Nobel à son inventeur, le prix Nobel du Pet. Il en est largement plus digne que certains politiques pour le prix de la Paix.Bref, pas de petit déjeuner pour moi, les copains non plus. Au moment de démarrer les moteurs, la Yam de Jo lui rappelle qu’elle est toujours bien là et qu’elle peut bien lui pourrir la journée, surtout s’il ne lui donne qu’une mauvaise essence de 90 °, chargée de flotte, dernier cadeau de Mongolie. Mais une petite purge de cuve règle rapidement le problème ; c’est décidément le jour des purges.La route devient plus sympa qu’hier. Elle franchit une multitude de rivières qui alimentent le lac, nombre des ponts sont en cours de réfection, sans doute les conséquences des inondations énormes qui se sont produites en début juin. Les vallées creusées par ces rivières dans la forêt que l’on pressent profonde, immense, sont superbes. Leur descente en canoë doit être une belle aventure russe.La route quitte le bord du lac, grimpe dans le relief et gagne 800 m d’altitude. Son tracé me rappelle qu’une moto, ça aime les virages, et que, même si ça fait longtemps qu’elle roule essentiellement tout droit, la petite vieille à bien envie de se dégourdir les crampons. Allez, juste quelques virages, pas plus … il reste du chemin pour rentrer et ce n’est pas le moment de se vautrer. Pas de chance, en montant dans le relief, la brume s’installe et nous ne pourrons pas avoir de beaux points de vue sur le lac.Un arrêt café à 150 km d’Irkoutz, et un message de l’agence de voyage russe contactée depuis UB nous fixe rendez-vous à la gare à 15 h. Gazzz, on y sera sans soucis.L’entrée de la ville est celle d’un autre temps, les rues sont grises, la banlieue est grise, le ciel est gris. Après l’immense forêt que l’on a traversée depuis la Mongolie, Irkoutz apparaît enfin … ville industrielle, importante, active.Le point GPS est précis, facile à atteindre. Il correspond à celui que Christelle m’avait donné il y a un an lorsque je préparais le trip : la gare.Dans une impasse à moins de 100 m de la place, un quai où tout se précise.A peine arrivés, la solution pour transporter les motos s’impose. Et, comme à chaque fois dans l’aventure, notre bonne étoile fait que le train part demain. Il était donc temps d’arriver. Nous devons décharger les motos, vider les réservoirs, mettre en carton nos bagages, fringues, équipements et autres bazar. Ca va vite, très vite, trop ? 😆😀Bref, nous sommes le 14, nos motos partent le 15 d’Irkoutz, arrivent le 20 à Moscou, « ca, c’est fait. Coût du transport moto 350 €. »Bon, mais les gars, on y va comment à Moscou, nous ? »L’idée de départ était de revenir tous les 4 en train, le transiberien. Cinq jours de voyage, idéalement dans le même train que les motos, 4 dans un compartiment que nous aurions ainsi privatisé, ca pouvait être une belle aventure. Enfin, une aventure, c’est sûr, mais Russe tique, c’est sûr aussi.Il y avait la solution d’acheter 4 places de façon à ne pas se retrouver avec un olibrius du genre de ceux rencontrés ailleurs dans les hôtels, la solution de voyager en première, luxe, et éventuellement l’avion. Premier train voyageur le 17, en seconde classe où il faudra acheter 4 places à 350 € pour être peinards, premières places en première classe le 24 à plus de 500 €. Dans les deux cas, les motos arrivent avant nous…
L’avion : 400 euros, départ le 15, arrivée 6 h plus tard, avec du coup 5 jours à Moscou à attendre les motos, mais la ville est grande, et ça va nous changer de faire un peu les touristes, la décision est vite prise, gazzz ! Restera à se loger…

52°16’49.2 N 104°15’36.9″E
52.280333, 104.260250
Plan de la ville et localisation gare d’embarquement : https://www.google.com/maps/place/52%C2%B016’49.2%22N+104%C2%B015’36.9%22E/@52.2811209,104.2589572,16z/data=!4m5!3m4!1s0x0:0x0!8m2!3d52.2803341!4d104.2602385
et pour l’avion : https://www.uralairlines.com/fr/

























A l’ouverture, avant les discours protocolaires, on aurait pu se croire à une fête d’école. Les enfants présentaient, encadrés par celles que je pense être leurs institutrices, des chorégraphies approximatives, mais bien sympathiques.
Puis ce fût des groupes folkloriques traditionnels mongoles, dans des tenues de couleurs vives éclatantes sur le fond vert du décors naturel. Les enfants sont habillés de leurs plus beaux vêtements, les petites souvent en véritables princesses.



























Bref, on ne s’ennuie pas dans le « bazar » qui mérite mieux que jamais son nom.


La piste s’est transformée en route, et les kilomètres s’enchaînent dans un paysage d’altitude où nous retrouvons des arbres, c’est beau aussi les arbres 😁. Sur le bord de la route, à chaque arrêt, les autochtones s’arrêtent pour poser en photo. Mais, les rencontrer à 9 h du matin, dans un état pour le moins alcoolisé, ne rassure pas vraiment.
La moyenne n’est pas forcement terrible, faute à ce décors qui nous impose arrêts sur arrêts.
200 kilomètres en 3 h, nous avions perdu ce rythme. Mais la pendule interne est toujours présente et à 13 h, en passant devant un gourbit local, il faut manger.
Le régal ne fût pas à la hauteur de mon attente. Pour la première fois, je n’ai pas fini mon auge. Mais la rencontre des petiots du coin valait bien cet arrêt.

La remise en route a été plus dure pour JeanYves, qui est reparti … dans le sens d’où nous venions. Bilan 100 km de plus pour lui, mais il aime bien rouler seul. 😎


