Quelle idée!
Partir au long court, visiter la planète, pour on ne sait combien de temps, combien de kilomètres, mais c’est sûr, en moto, en sachant que certaines journées vont être sans doute un peu… raides, à cet âge, mais QUELLE IDÉE !
Quand on vous demande pourquoi et comment vous elle vous est venue cette idée, on s’interroge soi même…
Je crois au final que l’idée ne se construit pas, elle est là, sans doute depuis longtemps, peut-être bien enfouie, et qui sait, depuis toujours ? Est-ce seulement ce que l’on appelle une idée ?
Un matin, sans savoir pourquoi, elle s’impose. D’autant plus forte sans doute qu’elle a été mise en veilleuse à chaque retour de virées, en croisant parfois le long des routes des panneaux indicateurs aux directions qui pincent l’envie de l’aventure…
Alors, après 40 ans à se lever pour ce boulot et gérer le quotidien, son terreau s’est bien enrichi à cette graine et elle a germé. De « un jour j’irai « , on passe à « cette fois, j’y vais«
Après, on retrouve tous ses rêves, on en fait le tri, pas simple ! Mais il faut bien répondre à cette question… Où ?
Depuis toujours l’Afrique est dans rêves. Depuis peu, j’ai appris à aimer l’Amérique du Sud (merci Marie). Mais il y a toujours ces mers, ces océans… et en moto, ça ne le fait que si l’on accepte de lâcher la main. Pas envie.
Bon, ça c’est posé : ce sera par la Terre, on lui doit bien ça. Et puis, la moto, c’est comme moi, c’est un animal de terre. Flotte mal,… Alors…? ALORS ?
Bordel ! Où l’ai-je mis cette carte du monde ? Il y en a tant dans ce cloac de bureau, toutes les Michelin, et puis les TPC, chargées de repères GPS, du temps où les GPS ne savaient faire que du point à point. Ah ! Tiens, il y l’autre, offerte par Sarah, du temps des virées en 4×4 avec « ma belle bande » : la route de la Soie… Elle est belle ! Sarah? oui ! La carte, aussi ! Idée ? IDÉE !
On peut faire quoi de cette « route de la Soie » aujourd’hui ? Bon, il y a l’Irak… l’Afghanistan… Pas cool, pas prêt… la Chine ? Pas facile à moto pour un premier trip au long court. Zaiment pas trop les motos, paraît-il.
Tiens, dans la bibliothèque, il y aussi ce beau bouquin de Marie, sur le désert de Mongolie. Mongolie approchée, au moins dans l’esprit, en croisant les yourtes sur les plateaux de l’extrême Turquie, lors d’un si beau voyage partagé avec les amis et les bêtes à 4 roues qui nous servaient de vaisseaux, de foyer. Belle aventure, pleine de regrets de n’avoir pas eu le temps. Et puis, un désert, même vert, ça ne se refuse pas !
OK ! Mongolie ! Et puis, c’est bien de ce « côté que le soleil se lève« , non ? Quand tous dormiront, je serai DEBOUT ! Et j’y verrai l’avenir des autres, de vous mes Amis, ma Famille, de mes Rêves aussi, si j’étais resté là, à attendre, je ne sais quoi, moi ?
Une leçon de vie

J’avais un peu voyagé avant « cette idée ». Rarement au travers d’agences, ou d’organisations qui m’ont cependant permis d’aller où mes propres roues ne pouvaient m’emmener. Parfois seul en moto, souvent à 2 sur cette moto, mais le plus souvent en famille, en compagnie d’amis en 4×4 pour des destinations que je jugeais à ma portée et à celle de « ma belle bande ». J’y investissais beaucoup de temps, à préparer des itinéraires que j’explorais du mieux que je pouvais, pour « préparer ». Et ce temps était déjà mon voyage, parfois si beau derrière une carte.
Logiquement, j’ai attaqué « cette idée » sur le même principe. Mais la durée, la distance, qui me séparait du but final, si loin, m’ont vite dissuadé de construire autant; impossible mission. De cela, j’ai vite été conscient. Mais je n’avais pour autant pas abandonné le principe de la prévision, de l’anticipation. Il le fallait aussi, ne serait ce que pour enchaîner les demandes de visas, exigeantes en dates, pour le moins.
« Le stress ? je ne veux plus en entendre parler ! »; c’était ma décision en changeant de Vie. Mais le programme inscrit en moi depuis si longtemps n’a pas été facile à effacer.
Oui, il y a eu « planning, feuille de routes, points de chute, de ravitaillement », et j’en passe ! je suis même allé sur « booking.machin » ! Mais après tant de questions sans réponse possible sur un tel « projet » (vocable hérité d’une vision professionnelle à bannir selon mon ami Denis), ma vision a lentement évolué.
Je partais de loin ! ma vie pro n’avait été que celà : « tenir les délais annoncés »
Alors, j’ai tenu longtemps ce raisonnement de prévision, sans doute autant que je l’ai pu. Je n’ai pas choisi de changer. J’ai simplement dû m’adapter. Cétait celà en fait : m’exploser la cervelle à résister, ou enfin accepter l’imprévu, l’imprévisible.
Ces derniers jours ont été riches en imprévisible. Un plan parfait en timing peut s’effondrer en quelques minutes. Cela je l’ai appris, avec rébellion, douleur parfois, en quelques jours, en quelques minutes même. Au point de lâcher prise.
Et le plus beau que j’ai découvert ? c’est que, dès que l’on lâche prise, l’aventure s’impose. Et, avec une bonne étoile, tout s’arrange. Il ne faut n’avoir que « CONFIANCE ».
« L’inaccessible étoile » ?
On ira !