Il avait raison Aragon, et le pote Georges aussi. En lançant cette « idée » de virée, il est vrai que nous avons d’emblée mis la barre un peu haute. Une virée, même de 20.000 km au Canada, States, bref, dans les pays « plus ouverts », aurait sans doute été plus cool. S’attaquer aux destinations moins stables, politiquement au moins, nous exposait à devoir gérer des complexités de démarches, de visas, et d’évolutions des situations géopolitiques parfois difficiles. Mais, il faut savoir sauter sur les ouvertures que le monde nous propose, à l’instant, en sachant que celui-ci ne sera pas forcément plus facile demain. Le passé me l’a démontré si souvent que ce principe est devenu mon premier guide dans le choix des destinations que je veux découvrir.
L’actualité à J-16
Fin de la semaine dernière, tout semblait ok. Visas Iraniens, visas russes, visa mongols, visa turkmène lancés, Carnet de passage arrivés … il n’y avait qu’à attendre un peu. Mais … la leçon de vie allait commencer.
Hier, dimanche de Pâques, tout le projet s’effondrait. Alors que nous avions tous les feux au verts, l’Iran fermait ses portes aux motos de plus de 250 CC, selon les retours de voyageurs que nous avons en contact, et nous interdisait du fait le passage vers le Nord mais surtout sur la suite du voyage. Ce fantôme planait sur nous depuis quelque temps mais avait été dissipé par des informations officielles provenant des autorité françaises en Iran, très réactives à nos questions, et que nous remercions de leur disponibilité.
Pourtant, sur le terrain, les faits semblaient se confirmer. Les voyageurs à moto étaient refoulés à l’entrée du pays ; » on ne passe pas ». Pour des voisins de Verdun, on sait ce que ça veut dire… Les alternatives pour contourner l’Iran, recherchées une nuit entière, ne semblaient pas tenir la route. Les solutions de trajet plus directs montraient 5000 km à faire en 6 jours pour recoller au planning de ces s……. de visa. Bref … la M…. Vacances en Provence ? Une nuit entière à essayer d’établir des contacts « officiels » afin d’en savoir plus. Et une nuit blanche …une de plus.
J – 15 : la délivrance …
Lundi de Pâques, le soleil est là en Lorraine. Mais le cœur n’y est pas. Et si tout cela s’effondrait ? plus de 4000 € en pure perte ? plus de 6 mois de préparation inutile ? une moto démontée et retapée sur tant de temps pour rien ? toutes ces images à ranger dans la case dommage ? Un « goût amer » en nous.
Midi, c’est l’heure de « l’Amer », non ?
Tiens … un appel de Paris … l’ambassade du Turkménistan : « vous pouvez venir chercher vos visas de transit, accordés « . Oui … et on en fait quoi si on ne peut pas y entrer ? encore 80 € dans la nature ? un tour d’horizon des copains … Banco ! on prend. Tout en sachant que si l’Iran fermait effectivement ses portes, ce visa ne servait à rien.
Il y a un dieu pour les entêtés !
Bon, on a un visa pour un pays où l’on ne peut pas entrer ! Alors, on continue de rechercher des « plans B », parfois foireux, parfois à la limite de l’acceptable, la mort dans l’âme. Et on file démonter un peu la moto, histoire de s’occuper.
Et le miracle du lundi de Pâques s’accomplit, à 16 h -)) (sans doute le décalage horaire). Enfin une réponse à nos questions, en provenance de l’Ambassade de France en Iran : après vérification officielle, feu vert pour l’entrée de vos motos sur le territoire iranien. Je ne sais pas si je dois y croire … mais j’ai décidé d’y croire !
En bref, Belle journée : confirmation du visa Turkmène, confirmation de la possibilité d’entrée en Iran en moto avec le CPD, l’Aventure continue !
J’ai vieilli de 5 ans en 2 jours …












